Certaines médecines alternatives, comme l’homéopathie, ont un coût non négligeable pris en charge par la collectivité et donc impactent les finances publiques. Il y a tout d’abord le coût des traitements à visée homéopathique. Il s’agit par exemple des granules majoritairement commercialisées par un laboratoire pharmaceutique français, et qui contiennent principalement, voire exclusivement, du sucre, dont le prix de revient avoisine les 500€ le kilo. Certains de ces traitements sont pris en charge par une assurance maladie pourtant déjà largement déficitaire. Ainsi, les produits homéopathiques peuvent être remboursés à 30 % (et jusqu'à 90 % en Alsace-Moselle).
Aucune étude robuste pour évaluer son efficacité
A la différence de tout autre médicament de la pharmacopée qui doit passer par des étapes codifiées pour prouver son efficacité et le service médical rendu afin d’obtenir son remboursement, les traitements homéopathiques bénéficient d’un statut dérogatoire les dispensant de prouver leur efficacité : l’assurance maladie rembourse sans aucune preuve. Il n’existe aucune étude scientifiquement robuste, non biaisée et indiscutable pour évaluer son efficacité, tout comme sa supériorité comparativement à un placebo.
D’autre part, il y a également le coût des formations des professionnels de santé et qui sont assurées dans des structures recevant de l’argent public. C’est ainsi le cas des diplômes universitaires d’homéopathie dispensés dans certaines facultés de médecine françaises par des enseignants possédant malheureusement trop souvent des conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique qui commercialise l’homéopathie.
Enfin, il s’agit également des consultations d’homéopathie en ambulatoire par des médecins le plus souvent généralistes, mais également des consultations ouvertes dans des hôpitaux, qui mobilisent du personnel soignant, aux dépens d’autres services ou d’autres activités de soins qui le nécessiteraient.
L’ensemble de ces mesures finance une industrie prospère dont les représentants n'hésitent pas à insulter gravement ceux qui les critiquent (« Il y a un Ku Klux Klan contre l’homéopathie » accusait le président du leader mondial du secteur, Christian Boiron, dans le journal Le Progrès du 15 juillet 2016) ou à balayer d’un revers de main les exigences de preuves scientifiques.
Des pratiques ni scientifiques, ni éthiques
De ces pratiques qui ne sont ni scientifiques, ni éthiques, mais bien irrationnelles et dangereuses, nous souhaitons nous désolidariser totalement. Nous souhaitons, par notre mouvement, restaurer une confiance dans la démarche scientifique de toute prise en charge médicale. Les médecins doivent, selon le code de déontologie, les meilleurs soins à leurs patients, en accord avec les données de la science en vigueur.
Nous demandons donc de ne réserver au champ médical que les prises en charge ayant fait leur preuve scientifiquement, à l’exclusion de toute autre. Nous demandons, comme cela a déjà été le cas par le passé pour certains traitements aujourd’hui déremboursés, que l’argent public ne serve pas au financement de thérapeutiques inefficaces, tout comme à la formation de professionnels qui les utiliseraient.
Les cotisations sociales des Français ne peuvent plus servir à rembourser les soins, médicaments ou traitements issus de disciplines refusant leur évaluation scientifique rigoureuse. L’argument du coût négligeable de l’homéopathie sur le budget de l’assurance maladie est souvent mis en avant. Il s’agit de 177 millions d’euros environ qui pourraient être redéployés vers des soins ayant fait leurs preuves comme les soins de psychothérapie, de diététique…
Notre démarche vise également à peser, pour chaque personne et à chaque consultation, la balance bénéfice/risque de chaque traitement, dans le but de prescrire moins, de prescrire mieux et d’améliorer la santé de ceux pour qui nous travaillons tous : nos patients.
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Plus que jamais, l'homéopathie doit continuer à être remboursée
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L’argent public ne doit pas servir pas au financement de thérapeutiques inefficaces
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